Du Complexe du colonisé au « Has been » isme

CAMEROON

En dehors ou à côté du fait que les femmes – toute classe sociale confondue- sont championnes pour poster leurs photos sur les réseaux sociaux en quête de « likes »; lesquels sont pour la plupart faits pour contenter leur égo quand bien même elles n’aiment pas leur « true image » projeté par leur « propre miroir », on assiste de plus en plus à un nouveau genre de post de photo.

En effet, il est effarant de constater comment beaucoup d’entre nous qui vivons et résidons en Afrique sont enclins à poster illico presto des photos de nous dans toutes les bourgades, banlieux et villes européennes du genre « me voici » aussi  à asnières, à la tour eiffel. Si par un heureux hasard, ce type de personnage tombe sur une célébrité africaine ou autre, il ne ménagera aucun effort pour avoir au moins une photo avec celle ci en vue de la poster avec des messages du genre « je prenais un café dans le restaurant X où j’ai rencontré le grand frère Y et nos échanges étaient chaleureux » même s’il a supplié pour obtenir le selfie posté.

Sur le principe, poster des photos de ses rencontres ou de ses villégiatures ne pose pas de problème. Là où le bât blesse c’est de voir l’enthousiasme avec lequel  on les poste une fois qu’on est en occident comme s’il fallait qu’on sache que nous aussi avons pris l’avion. En le faisant, on fait sienne l’idée que ce qui est « blanc », qui vient de « mbeng » est « bien ». Cette quasi inconscience collective où on identifie le beau, le bien au « blanc » s’observe également chez la grande majorité des filles de chez nous qui veulent s’éclaircir la peau mordicus ou qui sont « très » heureuses  quand à l’issue de leur accouchement l’enfant est bien « blanc » ou au minimum bien « brun ».

Ces photos postés depuis notre séjour à château rouge rentrera dans une logique, une façon de faire habituelle si on voyait aussi souvent des photos de nous du Cameroun quand on passe à Nlongkak, à Ndokotti ou même à Bonanjo; personne ne me dira qu’on n’a pas aussi de « square » chics et de lieux avec des monuments où on peut prendre des selfies à poster. La vérité c’est que nous avons tellement honte de nos pays et des lieux où nous habitons, les trouvons pas « très tour eiffel » pas très « avenue des champs elysées » comme si paris s’est fait en un seul jour ou comme si c’est Obama, le fils de l’émigré africain qui viendrait construire le Kenya. Pour ceux qui sont à l’étranger et donc le business tourne 100 à l’heure comme Richard Bona, on peut dire que je ne viendrais plus dans le pays qui m’a vu naître  « tant qu’il n’y aura pas des hôtels à 1000 étages » – je dis n’importe quoi – comme si la politique de la chaise vide a un jour réussi à apporter le changement souhaité.

C’est  quand même réconfortant de voir combien l’écrivain, le vrai et l’engagé qu’incarne les gens comme Patrice Nganang — qu’il vive en occident ou en Afrique a dépassé le complexe du colonisé et ne se gêne pas à poster ses selfies dans le « watarout » de la mère patrie entrain de creuser et ramasser la « merde » que les locaux jettent dans les rigoles à longueur de journée. Lui plus que quiconque ne se refuserait pas à venir chez lui participer à la construction du pays et aux changements des mentalités même si on lui demandait de payer une « taxe supplémentaire » pour rentrer dans son pays d’origine.

Alors, en quoi – nous qui sommes souvent qualifiés d’ « intellectuels » ou qui nous affublons de titre pompeux en « sabitou rie » sonnant comme les « tchang tchang » dans la poche d’un commerçant Bam’s, un genre un genre « donneur de leçons »  – sommes différents de ces « non intellectuels » qui dénomment leur bars, snacks et autres commerces des noms venus de « mbeng »? On en voit venant de tous les pays:  mont parnasse, quebec, gare de lyon, auto école française, anglaise; américaine… A la vérité on est tous encore inconsciemment englués dans ce complexe de colonisé et n’avons pas encore intégré l’idée d’être nous même, de construire une identité authentique, de donner à nos « patronyme », une notoriété, une célébrité, une éternité comme les marque Samsung, Eiffel, Renault…

De ce complexe de colonisé qu’on refuse de reconnaître dans des choses basiques, nous cheminons vers un « has been » isme mal placé car on est dans la logique du paraître laquelle nous est dictée par une société capitaliste version occident.

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2 commentaires sur “Du Complexe du colonisé au « Has been » isme

  1. Je vois que y en a ke l’ennuie continue de tourmenter ici dehors!!! Et lorsque je poste une photo chez moi à New Bell et ke jai 200likes et ça monte…! c’est que je cherche NKOAH ????!??? Vreumang! tchrrrrr!

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    • c’est bien dejà de venir lire et le fait de commenter montre bien que l’impact est atteint; chaque consommateur apprecie le produit en fonction de ses goûts et de ses attentes et donc on aura autant d’avis que de consommateurs

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