Ali Bongo a encore fait quoi? Malgré ses « Je suis Charlie » la France a arrêté son Directeur de Cabinet

Maixent Accrombessi, directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo Ondimba, a été placé ce lundi en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Paris pour y être entendu sur des faits présumés de corruption d’agent public étranger et de blanchiment  rapporte RFI. L’affaire sur laquelle il est entendu par la police judiciaire française débute en 2007 lorsque Tracfin, la cellule du ministère français des Finances chargée de la lutte contre la corruption, émet un signalement sur un contrat de marché public passé en 2006 entre l’Etat du Gabon et une société française, Track. L’entreprise basée en région parisienne est spécialisée dans la fabrication des uniformes militaires. Le contrat porte sur plus de 7 millions d’euros.

Il est curieux de constater que c’est à l’occasion de son séjour à Paris qu’on lui notifie la décision de garde à vue. Ce qui est encore plus curieux, c’est le fait de savoir qu’il s’agit d’une affaire qui a débuté en 2007 et on est donc naturellement en droit de se demander qu’est ce qui justifie l’opportunité et l’urgence  des poursuites en 2015? Il s’agit quand même du directeur de Cabinet d’un chef d’Etat! C’est vrai que les sociétés civiles africaines considèrent que les chefs d’États africains sont des sous préfets de la métropole et de ce point de vue sont comme de simples fonctionnaires de l’Etat français;

Mais on se serait attendu que pour la forme, la France demande à Bongo de prendre les dispositions pour écarter cette personnalité de sa vie publique avant toute interpellation si jamais les soupçons qui pèsent sur lui sont graves, vue qu’en principe depuis 7ans on devrait déjà avoir tous les éléments de poursuite. A moins qu’il s’agit de donner un « avertissement  » à son patron sur des « intérêts de la métropole » en souffrance!

Quand on fait une rétrospection dans l’actualité « Gabon-France », on doit quand même reconnaître que cette dernière année, ça n’a jamais été un long fleuve tranquille.

On en veut pour preuve le documentaire français sur la défaite de Bongo aux élections présidentielles, le livre de Pean qui dénie à Bongo la nationalité Gabonaise et l’empressement de Bongo à aller parader en France pour dire « je suis charlie » comme s’il voulait rassurer sur le fait qu’il ne change pas de cap.

On se rappelle encore les engagements de Ali Bongo en début de mandat où il annonçait une vague de mesures visant à industrialiser le Gabon et on se demande s’il n’a pas une fois de plus sacrifié le développement de son pays à l’autel de la sauvegarde du bien être de sa fratrie.

Au delà de cette actualité qui est comme un « remake » tellement  le mode opératoire des pays de l’Ouest est connu: « attendre les officiels africains lors d’un séjour en Europe pour les arrêter pour diverses raisons » définies par leurs institutions,  on se demande si les pays africains vont s’affranchir de ces « épées de Damoclès »–« instruments de clientélisme d’Etats » qui pèsent sur eux en dénonçant officiellement pareilles façons de faire qui ne sont pas conforme aux usages diplomatiques.

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