Cameroun-IRIC: Admission de 07 échoués par Paul Biya ou la consécration officielle du statut de Pays dans le cabinet

no comment

L’affaire de tripatouillage des notes à l’IRIC par le ministre de l’enseignement supérieur Fame Ndongo désormais connue sous le nom de l’affaire Fame Ndongo a connu en très peu de temps plusieurs rebondissements dont l’épilogue est la décision sous forme de note de gestion interne prise par le Président de la République du Cameroun, Paul BIYA.

Je lis depuis un moment sur les réseaux sociaux les réactions et commentaires au sujet de ce dénouement qui semble satisfaire plus d’une personne et je m’interroge.

Qu’a demandé exactement Paul BIYA?

Pour la gouverne de beaucoup, cette décision administrative du PR   non d’exiger qu’on dise le droit — en déclarant admis ceux qui le méritent vraiment — mais plutôt de prescrire qu’on retienne aussi comme admis 07 candidats ayant échoués au regard des résultats définitifs publiés le 27 Février 2015 par Fame NDONGO après correction est une forfaiture qui traduit et officialise l’échec légale, morale et éthique de BIYA. Pis encore, à travers cet acte, la présidence de la république vient nous  présenter un PR papa gâteau, « dispensateur » de la paix et de l’équité comme  on peut le lire dans le communiqué justifiant l’acte. La réalité est ailleurs

Pourquoi un tel acte alors que le ministre disait avoir agi conformément à la loi?

Il s’agit ni plus ni moins que de la réactivité d’un système qui n’est pas dupe et qui veut se maintenir et par conséquent ne veut prendre aucun risque de revendication populaire légitime. Il vous souvient qu’un projet de grève était prévu pour le 11 Mars 2015 en vue d’obtenir la vérité sur les résultat à l’IRIC; il fallait tuer toutes velléités de revendication légitime.

FO NNOM GUI

Par cet acte Paul BIYA vient de consacrer le statut de  » Pays dans le Cabinet » en ce qui concerne le Cameroun. Comment en sera t il autrement?

Mettons en perspectives les faits et confrontons les à une analyse republicaine?

Premièrement, nous avons une situation —  la gestion des examens et concours —  régie par les textes de la république qu’un ministre, pour ne pas le nommer, Fame NDONGO et tous les bouffons de son réseau ont expliqué et défendu mordicus en prime time  sur tous les plateaux télé et radio. La cause avait été entendue et apparemment, il semblait qu’il a agi conformément aux textes.

Deuxièmement, nous avons une sortie du PR qui vient nous dire qu’à l’avenir « le principe de l’égalité de tous les citoyens devant la loi », par ailleurs consacré par la constitution n’est qu’un vain slogan. C’est ce que l’acte du PR propose car il a ni plus ni moins que donné l’ordre de déclarer admis 7 candidats qui sur le plan légal avaient échoué. Si au lieu de faire respecter la loi, le président veut gérer toutes les situations d’interprétation de la loi avec équité, il est incohérent de sa part de ne pas admettre aussi à l’IRIC tous les candidats qui ont participé à ce concours car ils ne sont pas différents des 07 échoués intégrés comme admis dans un  » souci d’équité ».

Est ce qu’on doit gérer un pays comme ça?

Le pays est dans le « cabinet » parce que le Président est en réalité prisonnier de tous les réseaux à qui il a sous traité la gestion du pays. Pour comprendre l’état de délabrement et de déliquescence éthique de la gouvernance actuelle au Cameroun, il n’ya  qu’à voir pour quels patronymes on a décidé « d’admettre aussi des échoués » à un concours qui veut former la fine fleur de notre diplomatie.

FO FAME NDONGO

Le pays est dans le cabinet car c’est la première fois que officiellement le président de la république par ailleurs garant du respect de la constitutionnalité des lois réussit l’exploit de donner plus de valeur juridique à un acte administratif, certainement une note de service au détriment d’un ensemble de textes de loi notamment ceux organisant les examens et concours officiels qui définissent de façon claire le mode et les critères d’admission.

Quid du reste du peuple dont la grande majorité n’a pas un patronyme du sérail?

Devons nous dès à présent souhaiter qu’à tous les examens et concours ce type de tripatouillage ait lieu? Que les différents réseaux se combattent pour le quadrillage de l’administration publique de demain en espérant que leurs guéguerres se dénouent sur la place publique afin que les  quelques « sans noms »  hyper chanceux et très intelligents puissent voir leur nom sur la liste définitive grâce à la « magnanimité » du chef de l’Etat qui tel Zorro fera disparaître d’une baguette magique la violation flagrante des lois de la république et renforcer la culture de l’incompétence, de l’irresponsabilité, de la non sanction non sans ériger en modèle le type de camerounais qui parvient à ses fins en se faufilant à travers les mailles des règles sociales comme ça semble être le cas avec ces 07 échoués?

Le pays est dans le cabinet car ce n’est qu’aux gens qui vivent dans un cabinet qu’on peut dire pareilles incongruités; le communiqué de la PRC commence ainsi »  Saisi de la controverse née de la publication des résultats du concours d’entrée à l’IRIC, le Chef de l’Etat, dans un souci d’équité… ». Sérieusement d’où vient que sur un sujet régi par la loi, il puisse avoir controverse? C’est décevant et d’un mépris qui frise le narcissisme. Il ne saurait y avoir controverse sur un sujet que la loi  organise: de deux choses l’une: soit la loi est appliquée soit elle ne l’est pas. En cas de contestation, seul le juge est chargé d’interpréter la loi. Il est important que la PRC  sache que personne n’est dupe ni Mboutoukou.

Le Président Paul Biya a besoin de savoir que les nombreuses situations d’iniquité et d’injustice qui sont  le lot quotidien de la quasi totalité des camerounais sans patronyme du sérail sont justement les récurrents cas de violations et de « bafouement » des lois de la République  comme c’est le cas avec la consécration officielle par la PRC du Cameroun comme pays géré  avec des saupoudrages repetés, des plans d’urgence sur plans d’urgence sans bilans des actions dejà entreprises, sans culture de la responsabilité et de la sanction, sans compte rendu au peuple souverain.

Si ce n’est pas ça le cabinet, alors c’est quoi? Tsuippppss!!!

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