Cette date du 28 Février… Et La Marche au Cameroun en question

Comme à Paris, on a aussi organisé notre part de « marche »

camerstyl

S’il y’a quelque de chose de bien à retenir des attentas de Charlie Hebdo, c’est la marche organisée une semaine après en soutien à la liberté d’expression; bien en ce qu’elle a, le temps de quelques mètres,  permis aux populations de France de se sentir solidaire et partie prenante d’une cause, d’un combat, même si on n’en finit pas — depuis l’arrestation musclée de Dieudo pour apologie du terrorisme pour avoir dit  » Je suis Charlie Coulibaly  » —  de s’interroger sur cette « liberté d’expression » à deux vitesses à la hexagonale enrichie récemment par le procès des héritiers de Charlie Hebdo afin qu’on interdise la parution d’un autre Hebdo portant le nom de Charpie Hebdo parce que le nom commercial prêterait à équivoque.


A l’image de la marche française du 14 Janvier 2015, le Cameroun aura aussi sa marche le 28 Février 2015; l’objectif étant le même: fédérer toutes les composantes de la sphère publique camerounaise au soutien d’une cause, d’un combat– celui de nos forces de sécurité et de défense engagés dans nos frontières Est, Nord et Nord Ouest à défendre l’intégrité du territoire contre divers ennemis dont le plus emblématique est connu sous le nom de nébuleuse Boko Haram.

Un Projet enthousiasmant … Quoique…

Si le projet a semblé très enthousiasmant au départ malgré les réticences des divers acteurs ( partis politiques d’opposition et société civile) qui conditionnaient leur participation non seulement à l’implication officielle de l’exécutif mais aussi à l’ouverture d’un dialogue inclusif où on évoquerait les autres causes internes y liées,  on assiste depuis quelques jours à des désolidarisations si ce n’est des mises en garde de certaines personnes publiques pour des raisons plus ou moins avouées.

La date du 28 Février pas si anodine que ça?

 marche 1

La première cause de rejet et non des moindres — celle qui à mon avis suffirait à justifier quelques désistements —  est liée à la date du 28 Février 2015 qui n’est pas sans intérêt dans le passé politique camerounais.

En effet, la date du 28 Février a été retenue  de façon tacite par les acteurs de la société civile et les partis politiques d’opposition comment devant être la date anniversaire de commémoration de tous les combattants de la liberté qu’elle soit politique —  comme ce fut le cas des martyrs de la  lutte pour  l’indépendance du Cameroun que sont les  Um Nyobe, Felix Ouandié et autres  ou les luttes politiques des années 1990 avec ce qu’on a appelé « les villes mortes » — ou tout simplement sociale marquées par « les émeutes de la faim entre le 25 et le 29 Février 2008.

Mais au delà de cette date, qu’est ce qui s’est passé entre temps ou alors quel est le problème?

Ce qu’on a appris entre temps

Il s’est passé que la marche qui apparaissait comme spontanée n’en était pas une. D’abord attribuée à une association « Unis Pour le Cameroun » portée par 4 journalistes, l’association s’est  avérée illégale par la suite et l’autorisation de marcher a été accordée en définitive à  « l Oeil du Sahel » , le Journal dont le Directeur de Publication n’est autre que Guibaï Gatama, un des initiateurs de « Unis pour le Cameroun »; Une autorisation « SPECIALE » comme si contre vent et marées, il fallait justifier les décaissements de fonds et coûte que coûte organiser la  » parade de soutien » qui d’ailleurs ne sera longue que d’au plus 1km (Poste Centrale – Place du Premier ministère)

MARCHE 280215 ORGANISATEUR    MARCHE 280215 AUTORISATION SPECIALE


Plus encore,  cette autorisation spéciale vient corroborer la thèse de ceux qui disent que c’est une manifestation organisée en sous mains par le pouvoir en place, car en d’autres circonstances, on ne parlerait même pas de cette marche car l’organisateur  sur le plan éthique, déontologique n’a pas vocation à agir de la sorte. A la lecture des événements, on comprend que la marche — quoique intéressante à plus d’un titre pour ragaillardir le patriotisme des camerounais– a été initiée par un réseau qui a voulu aussi s’en mettre un peu dans les poches tout en se positionnant comme un acteur pouvant aider le régime en place à se renouveler populairement. Car comment comprendre qu’une marche de cette envergure était en préparation  depuis plus d’un mois sans qu’aucun des organisateurs n’ait en sa possession « l’autorisation de manifester délivrée par l’autorité publique qui ne fut effective que le 25 Février 2015, c’est à dire 03 jours avant la marche proprement dite.  » Ne parlons pas de tous les moyens financiers engagés pour l’événement qui verra la distribution gratuite des T- shirts aux manifestants. On parle de 5 000 T Shirts.


Comment soutenir les FDS sans soutenir son Chef?

Mais plus sérieusement, comment comprendre la marche du 28 Février 2015 au Cameroun baptisée « Marche de soutien à nos forces de défense et de sécurité ». Comment peut on seulement y penser sans reconnaître aussi son soutien au chef de l’Etat Paul BIYA, chef des forces armées? Comme le dit l’analyste politique Manassé ABOYA, de deux choses l’une:  » soit il y a un « booster » de patriotisme que certains ont avalé, soit il y a la démocratie dans ce pays là! ». Ce qui est plus étrange, c’est que cette marche organisée par des journalistes et attribuée dans les conditions qu’on connait est portée justement par ceux là même qui en décembre 2014 dénonçait la promulgation de la loi « anti terroriste » comme marquant la  mort de la démocratie.


La marche au Cameroun en question

Comment voir dans cette autorisation de la marche du 28 Février 2015, les bonnes intentions de l’administration à promouvoir plus de liberté quand on sait que certains partis politiques d’opposition– notamment le CPP et le SDF — ont  vu leur demande de manifestation publique interdite. C’est une lapalissade que de dire qu’au Cameroun la marche ne fait presque pas partie des instruments d’expression de la liberté tellement les refus sont systématiques quelque soit les garanties. D’ailleurs la loi anti terroriste votée récemment est venue en restreindre davantage l’épanouissement.

MARCHE REFUSEE           MARCHE REFUSEE 1

Entre patriotisme, naïveté et opportunisme, où se situe les acteurs?

Alors, on se demande si les organisateurs, par ailleurs leaders d’opinion, sont naïfs ou juste opportunistes. Au delà des petites anecdotes relatées ayant émaillées la préparation de cette marche, il est difficile d’imaginer qu’ils n’ont pas eu la même lecture que les chantres du régime quant au choix de la date.

Une autre lecture des commémorations?

En effet,  les chantres du pouvoir ont leur lecture de l’histoire car en marchant ce 28 Février en soutien à nos forces de défense et de sécurité, on commémore du coup la mort des nombreux soldats morts dans les luttes contre les maquisard à l’époque des indépendances et à l’occasion des luttes politiques de 1990 et des émeutes de 2008.

Dilemme du prisonnier: To walk or not to walk?

Le Camerounais quelque soit sa classe sociale est dans une casuistique apparemment simple mais pas si évidente que ça à déconstruire:  marcher ou ne pas marcher.

Même si on est pas tous toujours d’accord sur nos affaires camerouno camerounaise, cette période de la vie du Cameroun est marquée par un même combat: empêcher Boko Haram de prospérer au Cameroun. La publicité et — je m’excuse d’être excessif — la propagande de cette marche sont telles que ne pas marcher voudrait dire être ami ami avec la nébuleuse.

MARCHE 280215

Face à tout ce chapelet d’arguments pouvant justifier un désistement légitime, il n’est pas superflu de dire que depuis la nuit des temps, aucun événement organisé ici et ailleurs n’a vu la participation des gens partageant les mêmes motivations: il y’a certains qui regardent à gauche tandis que d’ autres regardent à droite.La nature seule maîtrise le futur et les effets à venir. La seule constance  importante à retenir en participant est le SYMBOLE que vous contribuerez à construire à travers votre présence. Peut être à contre courant des desseins inavoués de certains acteurs, la nature vient à travers cette marche du 28 Février 2015 offrir une occasion au Cameroun de renouveler son PATRIOTISME en ces temps ci où essaiment les prévaricateurs égocentriques de la fortune publique et autres Camerounais prêts à aider l’extérieur à prendre en otage la « cage ». Au nom du principe de la protection inconditionnelle de la cage contre toute agression extérieure, je me dois d’être solidaire de ce mouvement. Alors,  je ne sais pas ce qu’il en est pour toi, moi je marcherai DEMAIN.

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