Père Noël, SVP Faites que les Embouteillages perdurent à Douala; c’est le seul Cadeau que je vous demande!

Même si pour les kémites et consorts, le Père Noël est uniquement une invention de l’Occident pour faire du business, moi j’ai déjà posté ma lettre et je croise les doigts que le Père Noël soit réel et tout puissant car mon VŒU de cette année est SPÉCIAL: j’attends de lui qu’il fasse que les EMBOUTEILLAGES s’emparent de tous les quartiers, coins, recoins et artères de la ville de Douala et pourquoi pas de tout le Cameroun. Vous me demandez pourquoi?


Je ne vous dis pas pourquoi. Prenez vous même un benskin ou empruntez un taxi et à un carrefour, — Ndokoti, Feu Rouge Bessengue, École Publique, Rond Point Deido, Bonakouamouang, Carrefour Agip, Garantie ou autre — et observez! Vous vous apercevrez que les feux fonctionnent bien pour la plupart mais qu’en plus il s’y trouve des policiers en action. Ils sont souvent au nombre de 2 ou 3 voire même 4 ou 5 suant et transpirant à grosse goutte toute la chaleur, la galère, les frustrations que les doualéens vivent au quotidien pour se mouvoir dans leur boîte de sardine de ville.  Je ne vais pas vous mentir qu’il m’arrive presque très souvent d’avoir pitié d’eux, de les plaindre car ce n’est pas gratifiant d’avoir ce type de boulot ou tu te démènes à longueur de journée par vent, soleil et pluie alors que les usagers semblent même ne pas voir combien tu leur fais du bien; Wandaful palaba!. S’il s’en rendait seulement compte, doivent se dire en eux mêmes certains d’entre eux, ils(les usagers) nous feraient des mains levées et « petit farotage » pour nous dire Merci d’être là afin que la circulation soit fluide en vue de leur permettre de rentrer chez eux voir femmes et enfants ou maris; Je laap moi que sauf si jamais certains d’entre eux pensent qu’ils nous font du bien! je ne serais pas étonner en tout cas, car ici au mboa, même le boulot pour lequel on est légalement payé, on a l’habitude de penser qu’on est entrain de faire du bien à l’usager en question. C’est pourquoi on trouve inconsciemment normal de lui dire: »tu me gardes seulement une bière ou encore, j’espère que tu ne vas pas laisser la mère rentrer à pied aujourd’hui.


Mais je vous avoue aussi que la pitié que j’ai pour eux est identique à celle que j’ai pour un Bandit entrain de se faire rouer de coups par la population qui finira par le bruler vif. Tu as pitié mais tu te rappelles combien ces bandits sont cruels quand ils t’agressent. ils n’ont aucune pitié. s’il faut te violer devant ton mari et tes enfants pour te montrer combien ils sont sérieux, ils n’hésitent pas, s’il faut te couper un bras ou t’enculer avec n’importe quel machin qui leur tombe sous la main pour te dire de ne pas leur perdre du temps, ils ne tremblent pas pour le faire.


Alors, chaque fois quand je suis  dans un carrefour où se trouvent des policiers entrain de gérer la circulation, je me dis enfin, Dame « Embouteillage » est venue donner du boulot à nos « fainéants, corrompus, paresseux policiers ». il faut les voir te répondre quand tu te fais agresser la nuit alors que sous l’émotion tu parviens nos sans espoir à trouver puis composer leur numéro: Monsieur, attendez le matin!, ou il n’y a pas du carburant dans la voiture.Dans la journée, si tu parviens à les surprendre sur le terrain entrain d’effectuer une enquête, c’est que « ton enquêteur » –c’est comme ça qu’on appelle l’agent affecté au suivi de ton affaire–a reçu de toi les sous pour son crédit téléphonique, pour le carburant, pour ce qu’il va boire et manger à l’issue de la journée. Il ne faut pas oublier de faire de même le lendemain de peur de voir le gars  affairé à un autre dossier. Quand tu les surprend dans un coin sombre de la route tapis dans l’ombre, le sifflet à la bouche prêt à dégainer comme s’il avait vu le fantôme de Ben Ladin, c’est qu’un taxi arrive en surcharge ou avec un phare cassé ou qu’un étranger dans la ville s’est retrouvé à son insu dans une artère de sens interdit du fait de l’inexistence de la signalisation routière.


En dehors de ces moments d »intenses activités », tu les vois soit, dans le tourne dos du coin, leur bidon protubérant  sous la tenue remplie du fruit du travail des débrouillards et autres « exclus » de la société, lesquels ont trouvés refuge dans les boulots tout aussi incertain  que harassants (taxi, vente à la sauvette, ben skin et autre), une bouteille d’une bière à la main, soit entrain de compter les pièces d’argent du travail de la journée et s’apprêtant à aller « cotiser » à la tontine, soit  chez « Kamga » entrain de parier (Kamga, c’est le nom donner aux promoteurs des jeu de pari sur le football à la mode à Douala now). Alors, moi je vous dis que les « EMBOUTEILLAGES » là me « bon au cœur » car je me dis qu’enfin les gars méritent leur salaire issu pour la plupart du budget de l’État, donc de mes poches aussi.


J’espère vivement que le Père Noël va exaucer mon vœu car au moins avec ces embouteillages, personne n’a plus besoin de dire que les Ntoné Ntoné, Tsimi Evouna et autres bourgemeistres font bien leur travail car je ne peux pas comprendre que dans les petites villes du Cameroun, on soit si désenclavé, si misérable, si embastillé (dans nos esprits du fait de l’étroitesse de vision de nos dirigeants) si embouteillé, si saturé au propre comme au figuré. Quand j’entends parler des mégalopoles de part le monde qui, à elles seules, sont parfois le Cameroun, je me demande si nos dirigeants là comprennent même les prémices de leur boulot? Je pense que même pour ceux qui ne sont pas allés à l’école l’expression  « Gérer c’est Prevoir » est une réalité  presque immanente. L’esprit humain, bien que vous ne le voyiez pas aussi distinctement structure tous les actes et les faits? Alors, on se demande ce qui se passe avec ces mecs, dans la boule qui leur sert de tête je veux dire: toujours champions hors hiérarchie quand il faut poser un acte presque suranné comme celui de décréter une journée « commune morte » pour disent ils faire la propreté dans la ville. Comme si nos économies en avaient besoin, comme si on ne pouvait pas créer une ligne budgétaire pour accorder un tel marché à une autre entreprise qui , comme Hysacam, sera chargée de ce type de nettoyage. Non il faut les voir nous dire les sommes astronomiques qu’ils ont deboursés pour boucher des nids de poule sur nos routes, nous dire combien la réfection des routes en latérite a coûter la « peau des fesses ». Ils seraient même un peu malin qu’ils trouveraient ces financements en diminuant leur détournement de deniers publics  à longueur de mandature ou la multiplication des marchés publics passés de gré à gré et où les chiffres vous donnent le tournis. Viens les voir quand les gars se décident enfin à casser une ou deux maisons par ci  par là, pour disent ils faire passer la route. Tout le monde voit et sait qu’avant que le projet ne soit achevé, le problème qu’on voulait résoudre sera déjà dépassé tellement les mutations liées aux interactions urbaines des personnes et des biens aura décupler à la vitesse du son.


Alors, ne m’en voulez pas si mon VŒU est celui de voir les EMBOUTEILLAGES perdurer. Petit Pays, le turbo d’Afrique avait lui chanter sa chose dis donc; Embouté…embouté…Embouteillage: c’est partout autour de nous, c’est en nous même, c’est nous même l’ EMBOUTEILLAGE; Regardez bien vous verrez ce que vous faites qui cause tant d’embouteillages dans vos vies et dans celles des autres. Comme on dit au quartier « A quelque chose malheur est bon ».

Paul Kem (kpf)

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